VIOLENCES MEURTRIERES EN RCA : Qui sauvera la Centrafrique ?

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Alors que tout le monde se félicitait au lendemain de la table ronde de Bruxelles, tenue la semaine dernière, qui a permis de mobiliser des fonds pour la reconstruction de la RCA, la violence a repris ses droits sur le terrain. En effet, le 21 novembre dernier, la tension est encore montée de plusieurs crans à Bria, du nom de cette ville située dans le Centre-Est du pays. Les deux groupes armés rivaux, l’UPC  (faction dirigée par Ali Ndarass) et le FPRC (groupe dirigé par Nourreddine Adam) se sont affrontés violemment, laissant des dizaines de morts sur le carreau et des milliers de déplacés. Que s’est-il passé pour que surgisse une telle poussée de fièvre  au moment où la Centrafrique entame sa longue et difficile marche vers la paix ? Difficile de répondre à cette question, ce d’autant qu’en RCA, il y a  ceux-là qui militent pour un retour de la paix, et ceux là qui, visiblement des pêcheurs en eaux troubles, souhaitent que le pays sombre davantage dans le chaos. Sont de ces derniers-là, tous les groupes armés qui essaiment le pays dont la plupart vivent de contrebande. Car, on le sait, la rivalité entre l’UPC et le FPRC ne repose sur  rien d’autre que sur le contrôle de la ville de Bria, connue pour être riche en diamant. Le groupe qui arrive à s’imposer à l’autre contrôlera la manne issue de cette ressource minière, tout en se faisant des forces militaires. C’est dire à quel point le président Faustin Archange Touadéra a encore du  pain sur la planche ; lui qui, lors de son dernier séjour à Abidjan et Ouagadougou, s’évertuait à convaincre les bailleurs de fonds à venir investir dans son pays.

Le malade présente toujours des signes peu encourageants

Car, avec ce climat sécuritaire très volatile et délétère, il y a fort à parier que son cri du cœur ne sera pas entendu. Qui sauvera donc la RCA ? C’est la question que l’on ne peut s’empêcher de se poser. En effet, on aura tout essayé, mais le malade présente toujours des signes peu encourageants. Certes, l’intervention de la force française Sangaris qui a pris fin le 31 octobre dernier, et le déploiement des forces onusiennes sur le terrain ont permis de minimiser les massacres des civils, mais la RCA est loin d’être stabilisée. Or, le pays est classé parmi les plus pauvres de la planète. Aux nouvelles autorités donc de mettre les bouchées doubles afin que la réconciliation  nationale qu’elles appellent de tous leurs vœux se traduise rapidement en actes concrets, dans les jours à venir. C’est à ce prix que l’on pourra restaurer la confiance entre les Centrafricains qui se regardent en chiens de faïence. Pour ce faire, la Communauté internationale, à travers la MINUSCA, se doit aussi de siffler la fin de la recréation en mettant hors d’état de nuire tous les ennemis de la paix en Centrafrique. Car, tant que l’on continuera de ménager les susceptibilités des groupes armés, le pays de Touadéra ne sortira pas de sitôt de l’ornière.

B.O. Le Pays

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