MEMORANDUM DU KWA NA KWA RELATIF A LA TENUE DU DIALOGUE POLITIQUE INCLUSIF INTER-CENTRAFRICAIN

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Depuis le 10 décembre 2012 et le lancement de l’offensive de la coalition SELEKA ayant conduit au changement antidémocratique du 24 mars 2013 et à l’installation au pouvoir de M. Michel AM NON DROKO DJOTODIA, la République Centrafricaine est plongée dans une crise à la fois politique, économique, sécuritaire et humanitaire sans précédent qui a profondément bouleversé les fondements de la Nation et qui a grandement mis à mal la cohésion sociale, l’équilibre entre les communautés et la volonté des centrafricains de vivre ensemble .

Cette crise multidimensionnelle, qui a durablement marqué notre pays et qui continue à ce jour d’endeuiller les familles aux 4 coins de la République Centrafricaine, a connu une certaine accalmie avec la forte implication de la Communauté Internationale qui n’a pour sa part ménagé aucun effort pour permettre, dans des circonstances difficiles, la tenue des élections générales de 2015-2016 ayant rendu possible le retour à l’ordre constitutionnel et l’installation de nouvelles autorités.

Malheureusement, depuis plusieurs mois déjà, nous assistons presque impuissamment à la résurgence des actes de violence perpétrés à l’encontre des populations civiles sans que nous ne puissions réellement les endiguer et ce malgré la présence importante des casques bleus de la MINUSCA à nos côtés. Nous observons les tergiversations des mouvements politico-armés au moment d’intégrer résolument le processus de DDRR.

De même, les actes tendant à empêcher le rétablissement de l’autorité de l’Etat et à déstabiliser les nouvelles autorités afin de replonger la République Centrafricaine dans les affres des heures les plus sombres de notre histoire récente se multiplient sous nos yeux tandis que nous ne comptons plus les villes de province qui, à l’image de Ndomété, Kaga Bandoro, Koui, Ngakobo, Batangafo, Bambari, Kouango ou encore Bria, sont quasi-quotidiennement le théâtre d’affrontements meurtriers.

C’est dans ce climat délétère que le Chef de l’Etat, le Professeur Faustin Archange TOUADERA, et le Gouvernement de la République Centrafricaine se sont rendus à la table ronde de Bruxelles et ont reçu d’importantes promesses de don et de contributions financières au plan de relèvement post conflit de la part des partenaires de la RCA décidés à accompagner le pays dans sa marche vers le redressement.

Rappelons qu’il y a environ un an, le Pape François a ouvert la porte sainte et donné le coup d’envoi de l’année de la miséricorde à Bangui lors de sa visite en Centrafrique. Cela nous conduit à devoir considérer le fait que la marche vers la réconciliation dans notre pays ne doit pas s’inverser par la volonté des ennemis de la paix de toujours.

C’est pourquoi, fort de ce qui précède et considérant le risque de bégaiement de l’histoire en République Centrafricaine et d’embrasement de la situation au détriment des populations civiles déjà lourdement impactées,

Considérant le risque de contagion à toute la sous-région d’Afrique centrale déjà très fragile et en proie à l’incertitude, notamment en raison des situations en République Démocratique du Congo, au Burundi ainsi qu’au Tchad ou au Cameroun à cause de la menace que constitue la secte Boko Haram,

Considérant que seul le dialogue inclusif entre tous les vrais centrafricains est gage du retour définitif de la paix dans notre pays,

Considérant l’injuste acharnement à l’endroit de certains acteurs de premier plan dans la résolution de la crise centrafricaine au rang desquels figure S.E. le Général d’Armée François BOZIZE YANGOUVONDA, ancien Président de la République Centrafricaine, et qui consacre de manière non dissimulée la politique de 2 poids 2 mesures menée à l’encontre de certains fils du pays depuis plus de 3 ans,

Réitérant notre entière disponibilité à œuvrer sans relâche jusqu’à ce que la paix et la réconciliation véritables soient effectives en Centrafrique,

le Kwa Na Kwa et son Président Fondateur, S.E. le Général d’Armée François BOZIZE YANGOUVONDA réitèrent l’absolue nécessité de la tenue d’un dialogue véritablement inclusif devant nous amener poser les bases de la réconciliation sincère entre les centrafricains, gage d’un retour définitif de la paix dans notre pays.

C’est en effaçant, dans notre effort commun, tous les obstacles qui peuvent nous empêcher d’atteindre cet objectif noble qui est de vivre ensemble dans nos diversités que nous retrouverons la fraternité sincère, dans la paix, comme cela l’a été avant les évènements douloureux et regrettables cités plus haut.

Fait à Kampala le 24 novembre 2016
Le Général d’Armée

S.E. François BOZIZE YANGOUVONDA
Président Fondateur du Kwa Na Kwa
Ancien Président de la République Centrafricaine

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