Centrafrique: la tuerie de Bangassou ravive la guerre civile

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Le quartier musulman et la base onusienne de cette ville de l'est du pays ont été attaqués il y a une semaine: la Croix-Rouge a comptabilisé 115 morts. Les assaillants ne sont toujours pas identifiés, mais un groupe de combattants antibalaka est pointé du doigt.

Que s’est-il passé à Bangassou ? Cette ville centrafricaine, séparée de la république démocratique du Congo par le fleuve Mbomou, située à 600 kilomètres en amont de la capitale, Bangui, a connu une soudaine flambée de violence, samedi 13 mai. Personne ne semble savoir exactement pourquoi. Ni même qui a attaqué qui. Une semaine après, le bilan des victimes est lui-même incertain. La mission des Nations unies pour la Centrafrique (Minusca) a fait état de 26 tués, Médecins sans frontières a évoqué au moins 17 morts, la Croix-Rouge locale a dénombré 115 cadavres. Les autorités centrafricaines sont dépassées. Le président Faustin-Archange Touadéra a beau «condamner avec la dernière énergie ces actes criminels et odieux», il semble plus que jamais impuissant, un an après son élection à la tête de l’Etat.

Selon le Haut-Commissariat aux réfugiés, en quelques jours, 2 750 Centrafricains ont traversé le fleuve et rejoint le Congo pour fuir les violences à Bangassou. «Nous n’avons plus accès aux zones périphériques, notre activité est désormais réduite au seul hôpital de la ville, explique Frédéric Manantsoa Laï, chef de mission MSF pour la Centrafrique. Les combats se sont déroulés dans les rues, pas dans la brousse ! Nous avons traité 64 blessés, mais en quelques heures, samedi dernier, 500 personnes ont cherché protection à l’hôpital, et autant à la mosquée. Aujourd’hui, tout ce monde est rassemblé dans la grande église : ils ont été transférés par la Minusca.» Les affrontements se sont déroulés dans le quartier musulman de Tokoyo.

La tuerie a surpris les autorités, les ONG et les Casques bleus. «Bangassou était considéré comme l’une des localités les plus paisibles du pays, relève Frédéric Manantsoa Laï. Il n’y a pas, à notre connaissance, de problème de cohabitation entre les communautés.» MSF y avait d’ailleurs implanté l’un de ses plus gros projets.

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