RCA : mouvements d’humeur des enseignants de LSC, et pour cause ?

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L’établissement supérieur de formation professionnelle LSC (Lorenzo school corporation) a connu ces derniers jours un mouvement d’humeur occasionné par ses enseignants. Les cours sont partiellement arrêtés et on voit la présence des forces de l’ordre à la devanture de l’établissement.

Notre reporter est allé à la rencontre de quelques étudiants, enseignants et bien entendu, un des cadres administratifs de cet établissement/.

Les faits ont varié d’une personne à une autre. Mais il se trouve que notre rédaction a fait un recoupement impartial de l’évènement.

Lorenzo school corporation est un établissement supérieur de formation professionnelle. Il est actif sur le sol centrafricain depuis quelques mois. Un établissement légal « qui fournit aux jeunes Centrafricains une formation excellente » selon les propos d’un cadre du ministère de l’enseignement supérieur.

Les enseignants de cet établissement disent ne pas entrer en possession de leur argent depuis quelques mois. Un de leur leader témoigne : « nous sommes là parce que nous réclamons notre argent. C’est depuis que nous avons fini tous les modules, mais pourquoi la direction de l’école ne veut pas nous payer ? » Renchérit-il sur un ton nerveux.

Un peu plus loin, nous tendons notre micro à un autre enseignant qui semble plus touché par cette situation. Il s’explique : « c’est pour la énième fois que des situations pareilles se produisent dans cette école. Je suis tenté de croire que les responsables de LSC ne sont pas sérieux. Ils veulent marcher sur nos droits, ce que nous n’accepteront jamais ».

« C’est totalement faux » rétorque un étudiant, qui nous répond au deuxième escalier du bâtiment. « Nos enseignants sont tous des affamés. Ils sont régulièrement payés. Ils ne veulent pas que l’administration applique de la rigueur, c’est tout simplement ça » poursuit-il.

Par ces termes, l’étudiant bat en brèche les propos des enseignants qui semblent rester droit dans leurs bottes sans laisser le temps à un compromis s’il s’avère que l’administration leur devait quelque chose.

Du côté de l’administration, le Président du conseil d’administration M. Lorenzo souligne plusieurs aspects.

Pour lui, la « grève » des enseignants est illégale. D’un, les enseignants ne sont pas organisés au sein d’un syndicat et de deux, les normes pour entrer en grève ne sont pas respectées.

Il souligne le fait que ces enseignants se sont permis de déverrouiller le portail de l’établissement pour le remplacer par une autre clé. Acte qu’il qualifie de grave et de banditisme.

Le président du conseil d’administration ira même plus loin en indiquant que plusieurs mains sont vues derrière ces mouvements des enseignants.

« La rigueur de l’administration de LSC et ma vision de méritocratie pour cet établissement a créé des jaloux et des ennemis » a-t-il souligné. « Mais malgré tout ça, je tiens à former des dignes et capables fils et filles de ce pays pour un lendemain meilleur » poursuit-Il dans une atmosphère sereine et calme.

Pour la question des arriérés de salaire dont les enseignants parlent, le président du conseil d’administration reconnait que le directeur des études qui serait actuellement hors de la Centrafrique, avait accusé du retard dans le pays des frais de vacation.

Par ailleurs, des efforts sont en train d’être déployés pour payer cette petite poignée d’enseignants non payés/.

Aussi, il y a le fait que quelques étudiants ne seraient pas à jour dans le versement de leurs frais de scolarité. Or il se trouve que le versement des frais de vacation des enseignants dépend inéluctablement de la scolarité des étudiants.

Du coup, traiter LSC de tous les noms d’oiseau est une grosse erreur.

Ndlr : Notre rédaction s’indigne du comportement qu’affichent les enseignants de LSC qui seraient tous des enseignants vacataires à l’Université de Bangui. Le mouvement de grève est prévu, certes, dans le code travail. Mais cela doit respecter les normes universellement reconnues. Décadenasser le portail de cet établissement pour le remplacer par une autre clé, est vu comme un acte contraire à la loi. D’après une enquête minutieusement menée, Lorenzo School Corporation, qui est d’ailleurs l’œuvre d’un compatriote centrafricain (et non un expatrié comme le soulignent les mauvaises langues) n’a jamais abusé de ses enseignants. C’est une œuvre citoyenne et très bénéfique pour la Centrafrique.

Aujourd’hui, plusieurs étudiants issus jadis d’autres établissements supérieurs de formation professionnelle comme la haute école de gestion comptabilité et bien d’autres encore, ont tous déserté pour rejoindre LSC.

Nous appelons les enseignants de LSC, s‘ils sont réellement des compatriotes à se démunir de tout acte de violence et de vandalisme et à prendre le chemin du dialogue.

La grande majorité des étudiants se disent déçus de ces genres de comportements qui n’honorent guère nos enseignants du supérieur, plus particulièrement quelques vacataires qui ne se soucient pas souvent de l’avenir du pays, mais se livrent facilement à des actes peu éloquents.

Affaire à suivre…

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