Affaire Khashoggi : le rôle d’un proche du prince saoudien au coeur de l’enquête

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Images, enregistrements… Les dernières révélations sur la disparition de Jamal Khashoggi sont accablantes pour Ryad, soupçonné d’avoir commandité son assassinat.

Plus de deux semaines après la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, donné pour « probablement mort » par Donald Trump, l’étau se resserre de plus en plus autour de Ryad. Au point que la monarchie saoudienne envisagerait de faire porter le chapeau à un haut responsable des services de renseignement, selon le New York Times.

En attendant les explications de l’Arabie saoudite, qui devrait affirmer que le journaliste est mort lors d’un interrogatoire qui a mal tourné, les révélations accablantes s’enchaînent dans la presse turque. Tout porte à croire que Jamal Khashoggi a été assassiné par une équipe de 15 agents de son pays lors de sa visite au consulat saoudien à Istanbul le 2 octobre dernier.

De nouvelles images de vidéosurveillance

La presse turque a notamment publié jeudi des images retraçant les mouvements à Istanbul d’un officier des services de sécurité, Maher Abdulaziz Mutreb, qui s’avère être un proche du prince héritier Mohammed ben Salmane, surnommé MBS. « Voici le chef de l’équipe d’exécution« , titre le quotidien progouvernemental turc Sabah. Sur les images, on peut voir un homme présenté comme étant Mutreb arriver à 6h55 au consulat saoudien, et à 13h53 devant la résidence du consul.

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Mutreb peut ensuite être vu sur les images quittant un hôtel d’Istanbul muni d’une « grande valise » et accompagné d’un groupe d’hommes, à 14h15. Il arrive 45 minutes plus tard à l’aéroport d’Istanbul pour prendre un vol.

Jamal Khashoggi était quant à lui entré au consulat autour de 10h15. Il n’en est jamais sorti.

Jamal Khashoggi est passé du statut d’initié de la famille royale saoudienne à celui de franc détracteur du puissant prince héritier Mohammed ben Salmane.

 

Une chose est sûre, la présence de Mutreb et d’autres membres de services de sécurité rattachés à MBS à Istanbul au moment même où le journaliste a disparu met sérieusement à mal la version officielle de Ryad affirmant tout ignorer de son sort.

De terribles enregistrement sonores 

Plusieurs médias, dont le « Washington Post », pour lequel écrivait Jamal Khashoggi, avaient déjà publié mercredi de nouvelles informations accablantes, affirmant s’appuyer sur des enregistrements sonores réalisés sur place. Selon eux, Jamal Khashoggi aurait été torturé et assassiné dans le consulat dès le jour de sa disparition.

Le site d’informations en ligne Middle East Eye cite notamment une source ayant eu accès à ces enregistrements. Cette personne raconte que l’assassinat a duré 7 minutes. Jamal Khashoggi aurait d’abord été torturé, puis décapité et démembré par un membre du commando : un médecin légiste, identifié comme Salah al-Tubaigy. « Il n’y a pas eu de tentative d’interrogatoire. Ils étaient venus le tuer« , ajoute la source.

Selon le média turc Yeni Safak, on entend aussi sur l’un des enregistrement le consul saoudien Mohammad al-Otaibi dire : « Faites ça dehors, vous allez m’attirer des problèmes. » Quelqu’un lui répond alors : « Si tu veux vivre quand tu reviens en Arabie saoudite, tais-toi. » Le consul est ensuite sorti de la pièce. Il est rentré en Arabie Saoudite le 16 octobre.

Décès suspect d’un membre du commando

Dernier élément troublant en date, selon Yeni Safak toujours, l’un des membres du commando serait mort le 18 octobre dans un accident de voiture. Il s’agit de Mashal Saad al-Bostani, 31 ans, membre de la Royale Air Force saoudienne. Les circonstances de cet accident n’ont pas été dévoilées, pas plus que le rôle exact de Mashal Saad al-Bostani dans l’assassinat du journaliste. Mais le journal Yeni Safak affirme que cette mort est « suspecte« .

Même son de cloche chez l’éditorialiste d’un autre média turc, Hürriyet. Celui-ci estime que la mort de cet officier témoigne de la  volonté du prince saoudien Ben Salmane de faire disparaître les témoins gênants dans cette affaire qui a provoqué une vaste crise diplomatique. Selon lui, le consul Mohammad al-Otaibi serait d’ailleurs le prochain sur la liste. 

De son côté, la monarchie saoudienne, qui tente de minimiser son implication, envisagerait de faire porter le chapeau au général Ahmed Assiri, un conseiller de « MBS ».

Source: sudouest.f

 

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