Centrafrique : entretien avec le Pasteur SINGA-GBAZIA Nicolas Aimé Simplice, Coordonnateur de l’ONG MAISON PRISCA

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L’un des bâtiments flambant neuf de la MAISON PRISCA

L’association des églises baptistes évangéliques en Centrafrique (AEBEC) est une organisation religieuse née en Centrafrique il y a plus de quarante années. Depuis 2005, cette association est dirigée par le Pasteur SINGA GBAZIA Nicolas qui, avec une équipe d’une dizaine de collaborateurs, se bat tant bien que mal pour non seulement édifier le peuple de Dieu à la parole du Christ, mais aussi œuvrer dans le social pour le bien être du peuple centrafricain.

C’est dans ce contexte qu’est née l’organisation non-gouvernementale dénommée MAISON PRISCA. Située dans la commune de Bimbo, cette ONG , pour un début s’est intéressée à la formation des femmes en couture. Le nom PRISCA fait d’ailleurs référence à la Bible. PRISCA ou encore PRISCILLE était la femme d’Acquilas, pour ceux qui connaissent bien la Bible. C’est une femme dévouée, active dans la société. Malgré les péripéties de la vie à l’époque, PRISCILLE n’a pas failli et s’est battue pour le bien être de sa famille. L’ONG PRISCA veut former les femmes centrafricaines à l’image de cette femme publique.

Ce n’est pas un fait du hasard. L’AEBEC est une grande église, la plus grande des églises baptistes  en Centrafrique qui placent la femme au centre de leur préoccupation.

Elu en 2005 à la tête de l’AEBEC et ce, coordonnateur de l’ONG MAISON PRISCA, le pasteur SINGA GBAZIA Nicolas a tout d’abord rencontré des difficultés pour faire décoller cette ONG dont il a la charge. Déterminé, croyant, dynamique et pragmatique, cet homme de Dieu a fait du développement de la MAISON PRISCA son cheval de bataille.

C’est par la grâce de Dieu qu’aujourd’hui, cette ONG a son siège et continue d’élargir certaines branches sociales en son sein.

C’est dans un contexte où la MAISON PRISCA célèbre ce samedi 30 septembre, le huitième anniversaire de l’inauguration du bâtiment, que son coordonnateur nous accueille dans ce local.

Très détendu, souriant et confiant, le pasteur SINGA GBAZIA Nicolas se donne à nous à cœur ouvert. L’ancien conseiller national (parlement provisoire sous la transition) nous parle des projets réalisés au sein de l’ONG et bien entendu, des perspectives.

Pasteur SINGA : « au niveau du centre ici, nous avons la maternelle qui fonctionne depuis trois ans et qui nous donne des résultats satisfaisants. Nous avons également une école primaire qui est opérationnelle depuis 2014.  Et depuis l’année passée, nous avons commencé à faire l’expérience avec le cycle secondaire. Donc, on a la classe de 6è et cette année, nous sommes entrain d’ouvrir la classe de 5è.  Au plan professionnel,  nous formons des filles en couture. Et notre méthodologie ici n’est pas de former des chômeurs. Donc chaque fille qui a suivi régulièrement sa formation et qui arrive à la fin de sa formation, est dotée d’un kit d’installation. Ce kit est composé d’une machine à coudre, un mètre ruban et d’un pair de ciseau. Nous le faisons comme cela parce que nous estimons que même l’Etat qui est entrain de former des gens, quand il n’arrive pas à intégrer les formés, ces derniers perdent la main. Donc nos filles, femmes que nous formons ici, vont s’installer après cette formation. Elles sauront comment se prendre en charge et mener tranquillement leur vie tout en s’occupant de leur foyer respectif ».

Le pasteur a aussi souligné que l’ONG MAISON PRISA dont il a la charge, œuvre également pour le retour de la paix et la cohésion sociale en Centrafrique « quand la crise est arrivée, nous sommes obligés de faire tout ce que chaque Centrafricain doit faire pour ramener la paix dans le pays. Donc nous mener également des activités dans le domaine de la cohésion sociale. Nous travaillons déjà avec nos frères de confession musulmane à travers des séminaires, des ateliers de formation. Nous travaillont aussi dans la lutte contre les violences basées su le genre (VBG). C’est pourquoi nous avons dans notre sein, une équipe qui accompagne des personnes traumatisées. Pour dire que nous avons commencé comme centre de formation professionnelle et maintenant nous évoluons vers plusieurs domaines. Je voudrai aussi souligner que la population ici, s’est appropriée de MAISON PRISCA. Donc c’est la population qui veille à la sécurité de tous les biens de la maison. Pour dire que  la maison PRISCA est un instrument entre les mains de la nation centrafricaine ».

Il parle aussi quelques difficultés qu’ils ont rencontrées « c’est vrai que dans toute entreprise, il y a des difficultés. Il arrive de fois où nous rencontrons quelques problèmes notamment les moyens de fonctionnement. Il nous est de fois difficile de mobiliser des moyens nécessaires pour payer ceux qui travaillent ici.  Mais nous reconnaissons l’appui de notre Seigneur qui est avec nous en tout temps. C’est pourquoi nous ne sommes jamais découragés ».

De la question de la nouvelle rentrée scolaire qui commence ce lundi 02 octobre, le pasteur SINGA poursuit « nous avons une prévision pour l’année 2017-2018 et nous pensons que cette prévision risque d’être  dépassée. Parce qu’il y a des parents qui viennent en masse, les enfants qui s’inscrivent quotidiennement. Donc je peux dire que ça se passe bien ».

Pour finir, le président de l’AEBEC évoque le fait que la MAISON PRISCA travaille à désarmer les cœurs. Sa proximité et sa collaboration avec la PIJCA sont des exemples des efforts déployés dans ce sens.

M. SINGA appelle d’autres associations et ONGs caritatives à ne pas hésiter à soutenir la MAISON PRISCA pour le relèvement social en Centrafrique.

Il se dit ouvert aux conseils et autres suggestions, car dit-il, « la MAISON PRISCA ne compte pas en rester là. Elle a encore des projets entre autre celui d’extension du centre en travaillant pour l’épanouissement des femmes et des jeunes désœuvrés en Centrafrique ».

Pour tout contact: maison_prisca@Yahoo.fr

Tel: (00236) 72100220

Un reportage de Saint-Régis ZOUMIRI

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