Centrafrique : la place des jeunes dans l’Église méthodiste

0
207
Lors du séminaire des jeunes

Mieux comprendre les différentes générations et sous-cultures de jeunes. Comment les encourager en vue de l’œuvre du Seigneur, et prendre la relève pastorale ? Quelle place pour la « culture émergente » des nouvelles générations dans les cultes et la vie de l’Église ? Poser ces questions, c’est aussi toucher aux tensions entre nouveauté et tradition, et à l’identité de l’Église. Lors du séminaire de formation des jeunes méthodistes de la paroisse Béthel de Gobongo (Centrafrique) tenu du 24 au 29, plusieurs jeunes ont témoigné de leurs expériences, présenté leur vision pour l’avenir, et fait des propositions pour aujourd’hui. Ils représentaient Jeunesse pour Christ (JPC), une œuvre toujours en quête de nouvelles manières de créer des liens avec les nouvelles générations.

Une vue des jeunes participant au séminaire

L’église méthodiste de Centrafrique en général et la paroisse Béthel de Gobongo en particulier met en place des rassemblements de jeunes; et un bureau de jeunes qui prennent des initiatives dans les Églises et dans la société pour se démarquer des normes sociales et surtout des faibles attentes de la culture ambiante. Dans son exposé, le pasteur Aquilas Rhodes SORONAKA l’un des intervenants, nous lance le défi qui est toujours et encore de l’actualité : essayer de mettre la vie de nos communautés au diapason des nouvelles générations.

Quelle est la place des jeunes dans l’Église ? C’est un sujet très important, mais difficile à appréhender, source de beaucoup de frustrations et de culpabilités. 75% de la population centrafricaine ont moins de 20 ans. Autrement dit, en Centrafrique, trois personnes sur quatre ont moins de 20 ans. Avons-nous la même représentation dans nos Églises ?

La jeunesse est un élément important et déterminant pour le royaume de Dieu. Et c’est là, l’objectif de l’église méthodiste de Centrafrique, plus particulièrement celle de Gobongo, avec des visions très positives de son pasteur Aquilas Rhodes SORONAKA.

Mais dans nos Églises, on a souvent l’impression que les responsables ne savent pas quoi faire avec leurs jeunes. En plus, ils ne comprennent pas ce que ces jeunes, eux, veulent vraiment. Ils leur semblent être complètement déjantés ou complètement renfermés. Jamais contents ou trop fougueux. Comment faire pour les garder ? Comment leur parler ? Quelle place leur laisser ? Voilà autant de questions auxquelles il faut pourtant essayer de répondre.

Dans la Bible, les jeunes sont présentés de façon positive et leurs qualités physiques, mentales et morales sont mises en avant.

La force est la gloire des jeunes gens (Proverbes 20.29).

le pasteur Aquilas Rhodes Soronaka entouré de nouveaux baptisés°Photos Saint-Régis Zoumiri

Les proverbes servent à donner du discernement aux jeunes gens qui doivent progresser (Proverbes 1.4).

Les jeunes sont considérés dans la Bible comme les égaux de leurs aînés :

Ne reprends pas le vieillard avec dureté, mais encourage le comme un père. Encourage les jeunes gens comme des frères, les femmes âgées comme des mères, celles qui sont jeunes comme des sœurs, en toute pureté (1 Timothée 5.1-2).

Je vous ai écrit, jeunes gens, parce que vous êtes forts, que la parole de Dieu demeure en vous et que vous avez vaincu le mauvais (1 Jean 2.14).

La Bible ne dénigre pas les jeunes, au contraire elle met en avant les capacités des jeunes à faire, mais aussi à leur besoin d’avoir des personnes qui les aident à être, à devenir ceux que Dieu a prévu qu’ils soient lorsqu’il les a créés.

Ce que recherchent des jeunes dans une Église

Un texte qui nous aide à comprendre est Actes 18.24-26. C’est l’épisode qui rapporte qu’Apollos savait certaines choses sur Dieu, qu’il les enseignait avec conviction et fougue, mais que son enseignement était incomplet.

Priscille et Aquilas le prirent avec eux et lui exposèrent plus exactement la voie de Dieu.

D’après moi, les jeunes ont besoin de pairs et de repères dans l’Église.

Ce qui exaspère beaucoup de jeunes, c’est le manque de contenu de ce qu’on leur propose et des enseignements.

Un jeune sait certaines choses sur Dieu et veut progresser. Il a une capacité d’apprentissage énorme : jusqu’à présent, la vie d’un jeune c’est l’apprentissage.

Les jeunes ont besoin d’apprendre, et cela vaut pour leur vie spirituelle.

Malgré leur apparence désinvolte, leur attitude nonchalante et leur manque de sérieux apparent, les jeunes sont des êtres sérieux spirituellement (cf. le verset que je viens de citer : Je vous ai écrit, jeunes gens, parce que vous êtes forts, que la parole de Dieu demeure en vous et que vous avez vaincu le mauvais, 1 Jean 2.14).

L’Église a un devoir d’enseignement, avec du contenu. Et c’est ce que fait la paroisse méthodiste Béthel de Gobongo en Centrafrique.

C’est important de ne pas sous-estimer la qualité de ce qu’on peut enseigner à un jeune.

Nous pensons qu’on peut sans problème – et même il faut – donner des enseignements solides aux jeunes, ils peuvent les entendre, les comprendre et les appliquer.

Les jeunes, pensent ne pas être compris dans leurs problématiques et se plaignent que leurs véritables problèmes ne soient pas pris en compte par l’Église.

Nous devons parler des sujets qui les concernent, même s’ils sont gênants pour nous. L’Église n’est pas une bulle où le mal ne rentre pas, mais un lieu où les jeunes rentrent avec leurs questions.

Nous ne pouvons pas ignorer la pression qu’ils rencontrent à l’école, à la faculté. Ils ont des amis qui boivent de l’alcool, qui fument de la drogue, qui sont travestis, homosexuels, qui passent d’un partenaire à un autre, des gothiques, des athées… Mais nos jeunes ont besoin de repères qui leur permettent de se positionner face à ces choix de vie.

Diluer ce que dit la Bible sous prétexte qu’on s’adresse à des jeunes est très dangereux.

Par exemple, qui fait l’éducation relationnelle ou sexuelle de nos jeunes ?

L’Église doit apporter des réponses, permettre à nos jeunes de se positionner.

Nous nous félicitons de ce que l’église méthodiste unie en Centrafrique fait en ce moment dans l’enracinement des jeunes à la parole de Dieu.

Nous invitons les jeunes Centrafricains à se baser sur les enseignements bibliques afin de mieux orienter leur vie sociétale.

La paroisse méthodiste Béthel de Gobongo en est un exemple d’une église dynamique qui ne cesse d’impacter la vie des jeunes Centrafricains à la lumière de la Bible.

Votre humble serviteur Saint-Régis ZOUMIRI

LAISSER UN COMMENTAIRE