CENTRAFRIQUE : le président Turc Recep Tayyip Erdogan a-t-il braqué les yeux sur le complexe scolaire GALAXY ?

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Le complexe scolaire GALAXY à Bangui

C’est depuis vendredi 15 juillet 2016 que les membres de la direction du complexe scolaire international GALAXY (anciennement appelé CENTRAFRICANO-TURQUE) de nationalité turque vivent dans la tourmente et une peur indescriptible. Et pour cause, une véritable chasse aux sorcières mondiale a été lancée à leur trousse par le président turque Recep Tayyip Erdogan, au lendemain du putsch manqué de juillet 2016, considéré par la plupart des pays du monde comme étant une mascarade à ciel ouvert.

En effet, cet établissement scolaire est un des centaines de milliers qui existent dans plus de 160 pays au monde, tous créés par le Mouvement « Hizmet » (service), qui a pour mission de réduire la pauvreté par l’éducation, de faire tomber la discrimination, principale cause de fracture scolaire sociale, et de lever le voile sur l’ignorance profondément ancrée dans chaque race ou ethnie. Ce mouvement « Hizmet », très influent dans le monde, a été fondé en 1960 par l’imam, écrivain et philosophe Fethullah Gülen, à qui Ankara attribue la paternité du coup d’état manqué de juillet 2016.

Alors pourquoi une affaire turquo-turque se répercute-t-elle en Centrafrique ?

Pour la simple raison que l’administration du président Erdogan, en cabale contre son pire opposant Gülen, cherche à déraciner le mouvement « Hizmet » tant à l’intérieur de la Turquie que dans le monde entier. D’ailleurs, en ce qui concerne les établissements créés par Gülen, ils sont tout simplement nationalisés ou mis sous la gestion de la « Fondation Maarif », soutien de Tayyip Erdogan.

Cette fondation « Maarif » a été créée juste après le coup d’état de juillet 2016, dirigé par Birol Akgün, et ayant pour but principal (masqué) d’évincer par tous les moyens le mouvement « Hizmet » en Afrique.

Toutefois, ce qui se déroule actuellement en Afrique, c’est tout simplement une lutte de pouvoir entre Erdogan et Gülen. En outren d’après nos investigations, une source proche du Palais de la Renaissance affirme même que les autorités centrafricaines auraient été approchées par une délégation de diplomates turcs, pour que l’Etat centrafricain puisse fermer cette école qui, d’après elle, « fait un lavage de cerveau aux élèves avant de leur faire gober des doctrines contraires à la pédagogie éducative ». Pur délire !

Fort malheureusement, le président Touadéra et le premier ministre n’ont pas courbé l’échine devant les sbires d’Erdogan. Alors si effectivement les écoles Gülen formaient réellement des djihadistes, pourquoi le ministre des finances et gendre du président Erdogan, Berat Albayrak a-t-il fait ses études dans l’une des écoles de Gülen ? Lui également est de facto terroriste, de par son cursus scolaire. Tout ceci est une machination ourdie par une seule et unique personne, en l’occurrence le président turc.

Cependant, les motifs évoqués par les autorités turques ne sont pas du tout fondés car, pour nous, il s’agit ni plus ni moins d’une affaire politique. Aujourd’hui, l’inquiétude des Centrafricains st de voir les autorités du pays céder aux chantages et aux largesses du président Erdogan dans sa lutte contre la liberté.

La RCA cherche en ce moment à se tirer du bourbier français. Alors, ce n’est ni Erdogan, ni ses services secrets « MIT » implantés partout qui vont obliger les Centrafricains à fermer une école qui contribue pourtant au développement de leur pays.

Il va sans dire que si réellement le président turc veut aider les Africains avec sa « Fondation Maarif » ; il devrait plutôt construire d’autres écoles au lieu d’en fermer.

La RCA n’est pas le Maroc, ni la Guinée Conakry, le Mali moins encore le Gabon pour céder aux chantages dithyrambiques de la Turquie.

Rappelons que le 23 mars dernier, trois enseignants de l’école Gülen avaient été arrêtés au Gabon à Libreville par le redoutable service de renseignement turc « MIT » et transportés manu militari à bord d’un avion affrété spécialement pour une destination inconnue, et il y a plein d’autres cas similaires au Kosovo à Pristina.

Depuis la tentative de coup d’état de 2016, plus de 120.000 personnes suspectées, de près ou de loin, d’appartenance au mouvement du philosophe Gülen ont été arrêtées dans le cadre des purges d’envergure menées sous l’Etat d’urgence.

Aujourd’hui, tous les regards des parents d’élèves du complexe GALAXY sont rivés sur les autorités centrafricaines car, aux dernières nouvelles, plusieurs conseillers à la Présidence auraient effectué un voyage mi-avril 2018 en Turquie et ce, sur invitation spéciale du président turc. Nous espérons pour notre part que ces derniers par avidité, ne vont pas offrir sur un plateau d’argent la tête des pauvres enseignants turcs de l’école GALAXY.

La question que se pose aujourd’hui les Centrafricains est celle de savoir où était Erdogan quand notre système éducatif allait mal ? Où était-il pour venir construire des infrastructures scolaires aux pauvres Centrafricains ?

Pour le mouvement HIZMET, son leitmotiv est de lutter contre la pauvreté, l’ignorance et l’intolérance. Qu’en est-il de la fondation Maarif qui transforme les écoles Gülen reprises, en de véritables plateformes de propagande dédiées à Erdogan, comme ce fut le cas en Guinée Conakry en 2016 ?

Le Citoyen

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