Centrafrique : les « quatre vérités » des parlementaires centrafricains au secrétaire général de l’ONU

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Siège du parlement centrafricain

Avant de laisser le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, dérouler son message à la tribune du parlement, en plus de l’intervention du président de cette institution centrafricaine Abdou Karim Meckassoua, trois autres députés ont interpellé l’hôte de la République centrafricaine (RCA) vendredi.

« Vous êtes venu, vous avez visité, vous avez écouté, vous allez probablement écouter ce qui ne figure pas dans les rapports qui vous parviennent à New York », a déclaré M. Meckassoua à M. Guterres.

« L’Etat est en lambeau, il n’y a pas d’ordre public, les puissants font la loi et les crimes les plus abominables, les populations ne sont pas à l’abri des tueries de masse, des pillages, des viols et des vols, de l’incendie des villages malgré le retour à l’ordre constitutionnel », a-t-il poursuivi.

Les violences ont fini par engendrer la défiance vis-à-vis de l’Etat et même des autorités pour déboucher sur la colère des populations, a constaté M. Meckassoua qui s’est interrogé : « Comment comprendre que les forces de l’ONU sont sur le terrain et que les populations continuent d’être massacrées et violentées ?  »

La députée de la ville centrafricaine de Markounda (nord-ouest), Emilie-Béatrice Epaye, a posé le problème des familles meurtries, qui sont sans vivres et ne sachant pas ce qui adviendra le lendemain.

Le député de la ville centrafricaine de Damara (75 kilomètres à l’ouest de Bangui), Mamadou Nali, en sa qualité de médecin, a démontré l’état piteux des centres de santé abandonnés par le personnel soignant, pillés par les groupes armés et exposant les patients même à la mort à cause des infections bénignes.

Il s’est appesanti sur les taux élevés de mortalité maternelle et infantile, la prévalence élevé du sida et le recours des malades à la pharmacopée traditionnelle.

L’insécurité aidant, il a fait mention du retrait des humanitaires de certaines localités, exposant les populations des régions qui sont sous le contrôle des rebelles à des situations humanitaires dramatiques.

Enfin, le député de la ville centrafricaine de Bocaranga I (nord-ouest), Anicet-Georges Dologuélé a mis le doigt sur la moralité du personnel de la mission onusienne MINUSCA, dont certains auraient pactisé avec les leaders des groupes armés sur des bases culturelles, religieuses, ou des intérêts économiques obscurs, allusion faite à l’exploitation frauduleuse des ressources minières.

Il a demandé que les forces onusiennes se servent de la même robustesse comme dans les villes centrafricaines de Bambari (centre) et de Bocaranga pour déloger les groupes armés et imposer la paix, puisque le maintien de la paix ne donne pas le résultat escompté en RCA.

Pendant que M. Guterres était en train d’échanger avec les parlementaires, la ville centrafricaine Batangafo (nord) a fait l’objet d’une attaque par des groupes armés assimilés aux ex-séléka partis des villes centrafricaines de Kabo (nord) et Kaga-Bandoro (centre-nord) à bord de 8 véhicules et 26 motos, selon des témoins. Ces assaillants ont incendié sur leur passage des cases. La ville même de Batangafo a été mise à sac. La MINUSCA s’est abstenue de se prononcer sur cette attaque.

La journée du vendredi a marqué le dernier jour du séjour de quatre jours de M. Guterres en terre centrafricaine.

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