DEPASSONS LES QUERELLES INTESTINES, RECHERCHONS DES SOLUTIONS A LA CRISE CENTRAFRICAINE

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La République Centrafricaine est confrontée depuis plusieurs décennies à des crises politico-militaires graves, entrainant une remise en cause des fondements de l’Etat.  En effet, l’histoire politique de la RCA se résume ainsi : Coups d’Etat du 31 décembre 1966 mettant fin au régime de Dacko 1, Opération Barracuda du 20 septembre 1979 mettant fin au régime de l’ex Empéreur Bokassa, Coup d’Etat du 1er septembre 1981 mettant fin au régime de Dacko 2, multipartisme en 1986 et élections organisées dans le cadre du parti unique RDC confirmant le Général André Kolingba à la tête de l’Etat, rétablissement du multipartisme en 1991 avec organisation des élections de 1993, qui permirent le transfert pacifique du pouvoir de l’Etat au Président Ange Félix Patassé, mutinerie de l’armée 1993, 1996, 1997, élections législatives et présidentielles contestées de 1998-1999, coup d’Etat manqué du 28 mai 2001, Coup d’Etat de 2003 mettant fin au régime de Patassé, organisation des élection en 2005 confortant le  pouvoir de Bozizé, élections contestées de 2011, prise de pouvoir par les armes par Djotodia de la Séléka le 24 mars 2013, mettant fin au régime de Bozizé.

 Pour remédier à ces crises à répétition, plusieurs rencontres ont été organisées, notamment le débat national en 1991, le programme minimum commun de gouvernement en 1996, le comité de concertation du dialogue national en janvier 1997, la conférence de réconciliation nationale et le pacte politique en 1998, le dialogue national en 2003, le Forum de Bangui en 2015, sans compter les différents sommets, de Libreville, de Brazzaville, de Ndjamena, etc. Mais force est de constater que toutes les résolutions issues de ces fora n’ont pas résolu le problème centrafricain.

Depuis le retour à la légalité constitutionnelle avec l’élection du Président de la République, Chef de l’Etat, Pr Faustin Archange TOUADERA, la République Centrafricaine s’est résolument engagée sur la voie du retour à la paix, de la restauration de l’autorité de l’Etat, de la réconciliation et de la justice, du relèvement économique et de la reconstruction de l’Etat. Cependant, en dépit de cet acquis démocratique, la crise perdure, avec la menace de la partition du pays par des groupes armés qui sèment la terreur dans certaines villes (Alindao, Bangassou, Kagabandoro…).

C’est dans ce contexte d’insécurité qu’on assiste ces derniers jours à un climat délétère entre l’exécutif et le législatif. Des soupçons de coup d’Etat ont été évoqués çà et là, pointant le Président de l’Assemblée Nationale. Une marche de protestation réclamant sa démission aurait été empêchée le 4 Août 2017. Deux mois auparavant, une motion de censure contre le gouvernement a été évitée in extremis. Cette situation n’est pas de nature à favoriser  l’amorce d’un véritable processus de réconciliation nationale dans le pays. Au contraire, elle détourne l’attention des préoccupations majeures de l’heure : comment mettre fin à la recrudescence de violences entre les groupes armés, à l’exacerbation des tensions communautaires, aux pertes énormes de vies humaines, aux déplacements massifs des populations ? Il est donc grand temps que les pouvoirs exécutif et  législatif accordent leur violon et s’engagent résolument dans la recherche de la paix et de la réconciliation nationale.

 

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