Edouard Philippe : « Si on fait le RIC, on rentre dans une mécanique qui est terrible »

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Participant à son tour vendredi à une réunion du grand débat national à Sartrouville, dans les Yvelines, Edouard Philippe a notamment donné son avis « personnel » sur le référendum d’initiative citoyenne, l’une des revendications phares des Gilets jaunes. « Le RIC, ça me hérisse », a fait savoir le Premier ministre.

A son tour de plonger dans le grand bain du débat national voulu par l’exécutif. Au lendemain de l’intervention d’Emmanuel Macron dans la Drôme, le Premier ministre Edouard Philippe a participé vendredi soir à une réunion citoyenne du grand débat national à Sartrouville, dans les Yvelines, en présence de 100 à 150 personnes et notamment de la députée LREM de la circonscription, Yaël Braun-Pivet. Très discret jusque-là sur cette consultation, le chef de gouvernement a reçu quelques huées et quelques applaudissements à son arrivée, un seul participant présent dans l’assistance portant un gilet jaune.

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Edouard Philippe a, durant les échanges, affiché notamment son opposition au référendum d’initiative citoyenne (RIC), l’une des revendications les plus portées depuis le début du mouvement social. « Si je devais le dire en une formule, je dirais que le RIC, ça me hérisse », a lâché le Premier ministre devant son auditoire, évoquant un avis « personnel ». Pour le chef du gouvernement, « si on fait ça, on rentre dans une mécanique qui est terrible, ou on passe son temps à remettre en cause des choses » votées.

Edouard Philippe préfère le référendum d’initiative partagée

Le Premier ministre s’est en revanche dit favorable au référendum d’initiative partagée, déjà prévu dans la Constitution mais jamais mis en oeuvre depuis son instauration : « Je préfère cette mécanique-là, parce qu’elle est plus respectueuse (…) de la démocratie représentative ». Emmanuel Macron avait lui aussi émis des réserves envers le RIC, lors de sa première grande intervention devant des élus de l’Eure, le 15 janvier.  « On ne doit pas créer une situation de concurrence entre les formes de démocratie » directe et représentative, avait plaidé le chef de l’Etat.

En revanche, le Premier ministre a fait valoir un autre son de cloche par rapport à un entretien aux Echos à la mi-décembre, dans lequel il affirmait « ne pas avoir comment on peut être contre son principe ». « Le référendum peut être un bon instrument dans une démocratie, mais pas sur n’importe quel sujet ni dans n’importe quelles conditions. C’est un bon sujet du débat que nous allons organiser partout en France », confiait-il.

Pour le reste, Edouard Philippe a dit vendredi qu’il est surtout venu pour écouter, qu’il n’a pas réponse à toutes les questions. « Moi j’ai jamais aucun problème à dire : ‘Je me suis trompé' », a-t-il dit en défendant la suppression de l’ISF ou en reconnaissant que la fiscalité française est d’une « complexité horrible ». « Les élus sont pas là pour s’en mettre plein les fouilles », a-t-il notamment défendu au cours de cette soirée.

Un débat « bien français »

« On a un débat bien français, passionné, parfois ça chauffe un peu, mais c’est comme ça, c’est normal », s’est-il aussi amusé. En notant qu' »on est dans un pays où un vendredi soir, – à 11 heures moins le quart! – il y a des femmes, des hommes qui considèrent que c’est important de parler ensemble de ce qu’ils souhaitent pour leur pays. Rien que ça, ça devrait nous donner la pêche ».

L’ancien maire du Havre participera à ces débats « le plus souvent possible et dans des formats très différents, car il y a presque autant de formules que de débats : des petits, des grands, en ville ou à la campagne, avec ou sans la presse. Au moins deux à trois fois par semaine, plus si possible », a précisé Matignon vendredi, alors que l’implication du Premier ministre dans ce grand débat commençait à susciter des interrogations.

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