Forum sous régional des jeunes à Bangui: discours du président Touadéra

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Discours de Son Excellence
Faustin Archange TOUADERA,
Président de la République, Chef de l’Etat
A
L’occasion du Forum de la Jeunesse

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Bangui, le 23 Août 2017

– Monsieur le Vice-Président de l’Assemblée Nationale ;
– Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;
– Mesdames et Messieurs les Présidents des Institutions de la
République ;
– Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;
– Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Chefs de Missions
Diplomatiques, Consulaires et Représentants des Organismes
Internationaux ;
– Monsieur le Représentant de l’UNFPA ;
– Messieurs les Présidents des Cours ;
-Monsieur le Président de la Délégation Spéciale de la Ville de
Bangui ;
– Monsieur le Président du Conseil National de la Jeunesse ;
– Distingués invités ;
– Mesdames et Messieurs ;
– Chers jeunes d’Afrique ;
Le forum dont nous ouvrons les travaux aujourd’hui est appelé à rester dans les mémoires comme l’un des plus importants qui auront été tenus en République Centrafricaine.
C’est donc avec beaucoup de plaisir que je souhaite la bienvenue à toutes les participantes et à tous les participants qui ont bien voulu faire le déplacement de Bangui.
Je leur souhaite un bon séjour en terre centrafricaine. Sentez-vous chez vous au cœur de l’Afrique, notre beau et riche continent, le continent de l’avenir.
C’est également avec beaucoup de plaisir que je salue la présence à nos côtés de l’ensemble de la communauté internationale, représentée ici par d’éminentes personnalités.
Je voudrais saisir cette occasion pour témoigner de l’excellente qualité de partenariat entre mon Gouvernement et les partenaires au développement de la République Centrafricaine.
Je remercie particulièrement l’UNICEF et l’UNFPA pour leurs précieux concours à l’organisation de ce forum qui s’inscrit dans le cadre du projet conjoint d’appui à la réduction de la vulnérabilité des adolescents et jeunes.
– Distingués invités ;
– Mesdames et Messieurs ;
– Chers Jeunes d’Afrique;
« La jeunesse face aux défis de l’insécurité transfrontalière, de l’intégration régionale et du développement », tel est le thème autour duquel vous allez débattre durant trois jours.
Ce thème savamment choisi, contribue, à n’en point douter, à préparer la jeunesse de notre région et, au-delà, celle de l’Afrique tout entière, à assumer les lourdes responsabilités, celles des dirigeants et promoteurs de la paix et du développement, dans un continent aujourd’hui meurtri par des conflits internes et le terrorisme.
Oui, les effets dévastateurs de l’insécurité transfrontalière sur la sécurité humaine, l’économie et la gouvernance de nos Etats sont connus de tous.
En plus de ces défis déjà identifiés, que nous devons mieux comprendre et combattre, je vous sais capables d’identifier d’autres défis majeurs qui freinent le progrès de notre région et de proposer des solutions idoines à leur éradication.
– Chers Jeunes d’Afrique;
Sans anticiper sur vos réflexions, je voudrais vous rappeler, en quelques mots, certaines causes d’instabilité ou de vulnérabilité de notre continent et plus particulièrement de notre région.
L’une des premières vulnérabilités est liée à la porosité des frontières qui facilitent l’insécurité transfrontalière et réduit donc tout effort de développement socio-économique de nos Etats.
Aujourd’hui, en Afrique et particulièrement dans notre région, les groupes criminels passent allègrement les frontières, commettant des crimes et délits de part et d’autre de la ligne frontière tout en échappant aux forces de sécurité, si celles-ci n’ont pas été simplement corrompues.
Le sous-équipement de nos forces et défense et de sécurité et l’absence d’un mécanisme conjoint de lutte contre la criminalité transfrontalière ne permettent pas d’apporter une réponse adaptée au phénomène.
Cette situation est aggravée par la prolifération des armes légères et de petit calibre, le trafic de drogue et le trafic illicite des pierres précieuses.
La faiblesse de la coopération interétatique et régionale est aussi un des facteurs aggravant de l’insécurité transfrontalière.
Devant les attaques meurtrières des organisations terroristes et des groupes armés qui écument certains pays dont la République Centrafricaine, avec le risque d’infiltration dans d’autres Etats, le partage des données permettra de réduire les risques et donc de protéger la jeunesse contre les perspectives de gain facile qu’offriraient les organisations criminelles.
Une autre vulnérabilité est liée à la situation démographique. En effet, plus de 70% de la population africaine est jeune.
Mais cette population très jeune qui devrait être une force de développement, est malheureusement minée par le chômage et la pauvreté endémique. Elle se sent souvent, à tort ou à raison, délaissée par les dirigeants politiques.
C’est généralement dans ce bassin de ressources humaines vulnérables que puisent les réseaux criminels et la récurrence des conflits pour alimenter l’insécurité transfrontalière.
De ce fait, si l’on ne prête pas une attention particulière à la jeunesse, il y aura de grands risques d’implosion sociale et de récupération par les milieux mafieux, voire terroristes, des jeunes désœuvrés, souvent désorientés, en mal de valorisation et d’actions spectaculaires inspirées des images numériques.
Aujourd’hui, l’insécurité n’a plus de frontière. Elle frappe sans distinction de continent, de race, de genre, de religion et de condition sociale. C’est pourquoi, la lutte contre l’insécurité transfrontalière doit mobiliser l’énergie de tout le monde.
Une troisième vulnérabilité, et je me limiterai là, est liée au problème des conflits communautaires qui affaiblissent les Etats, déstructurent la société, brisent la cohésion sociale et l’unité nationale.
Mon vœu est que du cœur de l’Afrique, où vous êtes aujourd’hui rassemblés, s’élève le son de la paix. Paix et non-violence, pour une Afrique prospère.

– Chers jeunes d’Afrique ;
Il vous appartient de relever les défis qui se posent à notre région : défi sécuritaire, défi économique, défi social, défi culturel, défi d’intégration ; la liste est malheureusement longue.
Certes, il appartient aux dirigeants que nous sommes, de résoudre les problèmes dont fait face notre jeunesse et de permettre à l’Afrique de tirer les bénéfices attendus du dividende démographique.
Nous avons l’obligation morale et historique de jeter les bases d’une Afrique meilleure et pacifiée pour la génération future.
Mais nous ne pouvons réussir ce pari sans la participation actuelle et active de la jeunesse ni des partenaires au développement.
Il faut une nouvelle vision, une nouvelle stratégie pour préparer la jeunesse à faire face aux défis du continent.
Pour faciliter la tâche à cette jeunesse déterminée à prendre en main son destin et à participer, avec toute l’énergie qui la caractérise, à la construction d’un continent plus démocratique, l’intégration régionale doit être effective.
Il nous faudra aussi apporter des solutions durables au sempiternel problème d’emploi des jeunes.
Pour compenser la capacité limitée d’absorption des jeunes diplômés par nos administrations, nous devons développer les secteurs productifs comme l’agriculture et l’élevage et encourager la créativité et l’entrepreneuriat dans le milieu jeune.
Déjà, je me réjouis de la capacité de la jeunesse africaine à anticiper sur les évènements, à développer le génie créateur par des inventions diverses dans le domaine de la Télécommunication et des nouvelles technologies de l’information.
L’Afrique doit être fière de sa jeunesse.
C’est pourquoi, les propositions d’action issues du présent forum doivent permettre de mettre en place des conditions, des mécanismes et des ressources permettant d’améliorer le bien-être des jeunes.
Elles doivent également définir les mesures à prendre pour renforcer les capacités nationales dans le domaine de la jeunesse afin d’améliorer, d’un point de vue qualitatif et quantitatif, les possibilités offertes aux jeunes de participer pleinement, effectivement et de façon constructive et responsable à la vie de la nation.
Pour pouvoir progresser, nos sociétés doivent être capables d’incorporer ce que les jeunes peuvent apporter à la construction du présent et à la conception de l’avenir.

Outre leur contribution intellectuelle et leur pouvoir de mobilisation, les jeunes ont un regard neuf, dont il faut tenir compte.

C’est sur ces propos que je déclare ouvert le forum sous régional des adolescents et jeunes à Bangui.
Vive la jeunesse africaine pour que vive l’Afrique.

Je vous remercie de votre aimable attention.

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