REPRESSION MEURTRIERE CONTRE LA COMMUNAUTE OROMO EN ETHIOPIE : Attention, danger !

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REPRESSION  MEURTRIERE CONTRE LA COMMUNAUTE OROMO EN ETHIOPIE : Attention, danger !

~Cinquante personnes tuées en Ethiopie ! Rassurez-vous, il ne s’agit pas cette fois-ci d’un accident de la circulation. C’est plutôt le triste bilan de la répression qui s’est abattue sur les manifestants qui protestaient contre l’imposition de projets d’expropriations de terres agricoles. En effet, un projet d’extension de la capitale éthiopienne, se heurte depuis 2015, à une contestation massive. Si fait qu’à ce jour, Human Rights Watch parle d’un bilan global de plus de 400 personnes qui ont été envoyées ad patres lors des manifestations anti-gouvernementales qui se métastasent à travers tout le pays.

Certes, le gouvernement a finalement abandonné le projet en question, mais le groupe ethnique le plus important du pays, la communauté Oromo, dénonce des politiques gouvernementales plus favorables aux autres grandes communautés du pays à savoir les Tigréens et les Amhara. C’est dire toute la gravité de la situation, d’autant plus qu’il s’agit là d’un problème très sensible qui mérite d’être traité avec beaucoup de doigté et d’habileté, au risque d’embraser le pays. Car, ici, comme ailleurs, les tensions communautaires sont très préjudiciables à l’unité et à la cohésion nationales.

Les autorités éthiopiennes gagneraient à prendre toute la mesure du péril

Le cas le plus parlant est celui du Rwanda où, en 1994, des milliers de personnes dont le péché était d’appartenir à tel ou tel groupe ethnique, ont été massacrées, provoquant à l’époque une grande césure sociale entre les deux grandes communautés que sont les Hutu et les Tutsi. Plus près de nous, on peut citer le cas du Mali du président Ibrahim Boubacar Kéïta (IBK) qui peine encore à retrouver ses marques depuis que, s’estimant marginalisée, la communauté touarègue s’est révoltée, kalachnikov en bandoulière, contre l’autorité centrale de Bamako. La suite, on la connaît, puisqu’il en a fallu de peu pour que le Mali soit mis sous coupe réglée des djihadistes dont la capacité de nuisance, rappelons-le, est toujours grande.

En tout cas, les autorités éthiopiennes gagneraient à prendre toute la mesure du péril, plutôt que de passer le temps à chercher un bouc-émissaire, comme elles le font actuellement en accusant leur ennemie de toujours, l’Erythrée. Car, on savait le régime d’Addis Abeba tyrannique, mais on ne le savait pas capable de tirer sur des manifestants qui, réunis sur Mesquel Square, la place centrale de la capitale, avaient les mains croisées au-dessus de la tête. Trop, c’en est trop. Il faut savoir raison garder et analyser froidement la situation. La solution ne viendra pas au bout de la répression. Bien au contraire ! A moins que le Premier ministre éthiopien, Haile Mariam Dessalegn, n’ait fait le choix de finir comme d’autres dictateurs, à l’image de Hissène Habré du Tchad et Laurent Gbagbo de la Côte d’Ivoire.

B.O

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