SECURITE GALOPANTE: Y A-T-IL UN POUVOIR EN CENTRAFRIQUE ?

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Visiblement, la République Centrafricaine ressemble à un bateau sans commandant. Peut-être comme une voiture-robot téléguidée par un conducteur invisible.

C’est paradoxal de voir aujourd’hui qu’une bonne partie du pays est sous la coupole des groupes armés.

Le pays n’a pas encore fini avec les rébellions comme séléka, RJ…qu’une nouvelle rébellion baptisée 3R vient de naitre.

On nous apprend que son chef, un certain SIDIKI est d’origine camerounaise. Mais que vient faire un chef rebelle camerounais en Centrafrique ?

Pourquoi ce petit pays d’Afrique centrale attire tant d’égards ?

C’est gratuit de dire que c’est à cause de la richesse du sous-sol ou de nombreuses ressources naturelles qu’elle regorge.

Le vrai problème de ce pays est sa classe politique.

Une classe politique incapable de prendre de décisions salutaires pour le bien être de son pays.

Une classe politique amorphe, acquise à la culture de la méchanceté et de l’égocentrisme.

Comment comprendre que les grandes villes du pays puissent tomber les unes après les autres sans que le pouvoir en place ne puisse imaginer de solutions concrètes pour préserver l’intégrité du territoire.

Tout se passe comme si la République Centrafricaine se résumait seulement à la ville de Bangui.

Cette année, le Président Touadéra s’est rendu au moins deux fois de suite à Kaga-Bandoro. En dehors des déclarations faites çà et là, qu’a-t-il fait exactement pour stopper les désordres ?

Quels sont les résultats de ses nombreuses rencontres avec les chefs rebelles de la séléka ?

La feuille de route de l’actuel gouvernement ne se résume pas seulement à la table ronde de Bruxelles. Et si cette table ronde accouchait d’une souris ?

Le président Touadéra doit s’ouvrir à son peuple. Lui dire que lui manque-t-il. Puisque à voir les choses de plus près, tout se passe comme si le pouvoir est dans la rue. Tout se passe comme si le président manque de visions pour le pays.

On ne peut pas croiser les bras et attendre tout de la communauté internationale surtout que cette communauté internationale a ses limites elle aussi.

Le Centrafrique est un pays souverain, dotés des gens intelligents, capables de faire des projets patriotiques, de préserver la paix dans ce pays.

Pourquoi les dirigeants centrafricains ne peuvent-ils pas faire comme leurs pairs de la sous-région qui multiplient les contacts avec d’autres pays au lieu de compter éternellement sur la France ?

Définitivement, la République Centrafricaine ne pourra faire un pas en avant que si l’actuelle classe politique disparait.

Elle est pourrie, imbibée dans un cycle de la mafia et de l’égoïsme.

C’est une classe politique qui a décidé de sacrifier sa génération.

Rébellions, pouvoir ou opposition, tout cela n’est que mensonge et démagogie.

Les Centrafricains doivent savoir que la crise qui frappe leur pays est politique. Ils doivent se concerter et cibler tous ces « soi-disant » hommes politiques et les écarter de la vie politique.

Ils ont du crédit parce que certains Centrafricains continuent de croire en eux. Ce n’est pas parce que leurs pères, aïeux…nous ont aidés ou dirigés dans le passé que nous devons soutenir aveuglement leurs fils. Ce n’est pas parce qu’ils appartiennent  à notre ethnie ou région que nous devons sceller ce pacte honteux avec eux.

Nous n’avons pas la culture des gens qui ne changent pas. Nous avons toutes les opportunités de changer et de voir les choses dans le bon sens.

Nous devons sacrifier notre présent pour le futur de nos enfants. Les autres l’ont fait et leurs enfants et petits enfants bénéficient des fruits aujourd’hui.

L’insécurité galopante et le silence coupable de nos politiques sont un réel sujet de prise de conscience.

Certes, quant au Président, il n’est jamais tard de mieux tard. Au contraire, il pourra marquer l’histoire de son pays par une décision salutaire. Suivez mon regard !!!!!

Attendons de voir si la table ronde Bruxelles dont on nous parle en clairon et trompette pourra arrêter les rébellions et stopper leur avancée.

MBIPATISIRIRI

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Saint-Régis Zoumiri est journaliste, titulaire d'un master en communication et nouveaux médias de l'Université Renmin de Chine. Il est actuellement vice-président du GEPPIC (groupement des éditeurs de la presse privée et indépendante de Centrafrique) et consultant en communication dans plusieurs Institutions

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